Activités 2012/ 2013

«Marx est mort et moi je ne me sens pas très bien…»

Pièce écrite par Dominique Valdès et mise en scène par Mademoiselle CO.

Créée en 2012 à la Gare du Nord de Pézenas.

Un extrait:

NATACHA        Une chambre d’ami, c’est fait pour les amis et moi, je ne suis pas l’ami de Norbert! D’ailleurs dis lui de ma part que s’il a le toupet de te coller un mouflet, j’appelle la SPA. Je veux qu’il soit piqué illico! Je ne veux pas d’un petit fils à tête de gnome! Et ton père, qu’est-ce que tu en ferais? Dans la chambre d’ami, lui aussi?… Je choisis l’asile! L’asile de viocs et no comment!

MARION        Quelquefois… si tu n’étais pas ma mère… je te jure que…

NATACHA        Ne jure pas, c’est contraire à ton look école privée.

MARION        Pierre a eu une drôle d’idée de mourir si jeune.

NATACHA        Si pierre avait su qu’en mourant si jeune, il empoisonnerait la vie de sa sœur aînée, il se serait abstenu de passer l’arme à gauche… A huit ans, embrasser un camion, ça ne pardonne pas… Un couic l’espace d’un clash et il ne reste plus que de la chienlit pour pigeon.

MARION        Tu dis des choses affreuses.

NATACHA        Si parler ampoulé avec les fleurs et les petits oiseaux autour de chaque mots, ça le faisait revenir, je changerais mon langage, mais autant faire pousser des cèpes dans le Sahara! Dis, qu’est-ce que tu me ferais si je n’étais pas ta mère, tu m’attaquerais à l’arme blanche? Toute petite déjà, tu hurlais devant une gouttelette de sang…

Année 1990. J-1 réveillon de Noël…

Cela fait 20 ans, Pierre fut écrasé par un camion. En suivant, l’homme, Simon est parti pour ne jamais revenir. Natacha survécut. Bientôt, elle sera expropriée. En fin de journée, quelqu’un sonne à la porte… Les événements vont s’enchaîner, les assommés tomber, les portes claquer jusqu’au réveillon de Noël. Pleine de fantaisie et de verve, cette comédie offre une palette de personnages drôles et touchants à la fois.

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Activités 2014 / 2015

« La porte ouverte ou la mauvaise herbe »

Pièce écrite par D. Valdès et mise en scène par Chantal Gimenez.

Créée le 12 juillet 2014 à Cournonsec.

Représentations : Kawa théâtre de Montpellier, Mensuelles de Popian, Théâtre Henri Maurin de Marseillan…

Un extrait:

On sonne à la porte. Isabella se fige et ne dit rien. La porte de la maison s’ouvre. Une femme, Jade, un peu plus jeune qu’Isabella, apparaît dans l’entrebâillement de la porte. Elle tient un sac en cuir dans chaque main. Elle est vêtue d’un blouson de cuir et d’un jean. Sur son avant-bras, un casque de moto.

Isabella        C’est toi ?

Jade sursaute mais reconnaît la voix. Elle répond sans regarder Isabella. Il est évident que les deux femmes sont très troublées de se voir.

Jade        Tu attendais le pape ?

Isabella        Tu n’as pas changé.

Jade        Je suis comme le décors.

Un silence. Jade regarde autour d’elle. Elle est émue et désespérément agacée à la fois. Elle tient toujours ses bagages.

Jade        Je suis venue seule. Depuis quelque temps, je fonctionne en mode solitaire, c’est moins fatiguant. La vie à deux est à désespérer, tu ne trouves pas ?… Ton mari est absent ?

Isabella        Il est mort.

Jade        Ah… c’est bien…

Isabella la fusille du regard.

Jade, se reprenant        C’était prévisible.

Isabella        C’était dans l’ordre des choses.

Jade        Il était vieux.

Isabella, ironique        Vieux, oui. Et tu as quel âge à présent ?

Jade        Quelques heures de vol et beaucoup de croûtes de nicotine… Je n’ai jamais aimé les vieux. Ils me font peur.

Isabella        Ils nous rappellent que la fin n’est plus si loin .

Jade, ironique        La fin est dans l’ordre des choses.

Isabella        Forcément.

Jade dépose ses sacs et son casque. Un silence…

Jade, avec une fausse indifférence parce qu’elle est mal à l’aise        Ce matin, un trou noir a avalé une étoile…

Isabella prend les bagages de Jade et sa propre valise et les range près de la porte qui mène aux autres pièces de la maison. Jade la regarde faire.

Jade        C’est tout ce que ça te fait ?

Isabella, ironique        Oh, tu sais, moi depuis la mort de Dalida…

Des personnages décapants dans un huis clos où chacun cherche sa vérité. Solitude, quête d’amour et de liberté se confondent avec humour et cynisme à travers cinq membres d’une famille hors du temps.

Activités 2015 / 2016

« Alter Ego »

                                                                    Le mythe d’Orphée revisité…

Spectacle écrit par D. Valdès.

Mis en scène par Hélène Fabre et D. Valdès.

Chorégraphié par Nafi Bah

Avec la Gasetina adulte et ados, les danseuses d’ « Aramuses », les jeunes de la MJC de Marseillan, le trio musical Couleur Thau.

Spectacle créé le 30 janvier 2016 au théâtre Henri Maurin de Marseillan.

Le mythe d’Orphée revisité. Un spectacle naviguant entre le vingt et unième siècle et la mythologie, la magie et le réel, la musique baroque et la musique d’aujourd’hui, la danse lascive des nymphes et le rythme endiablé de la danse contemporaine.

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Activités 2016/ 2017

« Le petit parapluie » ou « Je suis la mère de Julien Doré »

Une pièce écrite et mise en scène par Dominique Valdès

Créée le 4 mars au théâtre Henri Maurin de Marseillan

Photos de répétitions sans costume, sans perruque avec des ombres improvisées… et photos du spectacle

Un extrait:

Entre une autre femme. C’est SARAH. Elle est habillée en tyrolienne. Linda arrête de chanter.

LINDA      J’ai écouté l’info. La droite en rêvait, les socialistes l’ont fait.

SARAH, ahurie      Hein ?

LINDA, ironique      Il faudra penser à luncher le ministre du travail. A mort les trente cinq heures et vive le licenciement de masse ! Ravie pour Amazon et Total. Vive les licenciés français ! On a bien fait de voter pour eux!

SARAH, très étonnée      Tu as voté ?

LINDA      Dis-moi, pourquoi es-tu devenue instit ?

SARAH      Pour faire chier les gosses.

LINDA      Comme Zazie !

SARAH, morne      Qui ?

LINDA      Zazie.

SARAH      La chanteuse ?

LINDA      La Zazie de Raymond Queneau.

SARAH      De qui ?

LINDA      Queneau… QU…E…NEAU… Bon laisse tomber, il n’est jamais dans Gala ni dans Closer !

SARAH      Tu as vu mon costume ?

LINDA      Difficile de le rater. Il est… très seyant !

SARAH      Vraiment ?

LINDA      Je déteste l’idée que tu fasses concurrence à Dior !

SARAH      Tu te moques ?

LINDA, théâtrale       Je n’oserais pas…

SARAH      Et le nœud sur le chapeau ?

LINDA, théâtrale      Je pensais que tu adopterais la tenue de princesse. La robe meringue… Des fringues plus adaptées à ton personnage. (Elle chante) Que je t’aime, que je t’aime, que je t’aime !!!

SARAH      Arrête de bramer. Tu chantes comme une scie sauteuse !

Linda chante le même morceau que plus haut.

LINDA

« J’ai bu la tasse

Assis en terrasse

Quand t’es passée… »

Comme une vieille crécelle rouillée.

Un temps…

LINDA      On ne peut pas obliger les autres à nous aimer.

SARAH      Je ne crois pas… Non, je suis sûre !

LINDA      C’est bien dommage ! Tu sais quoi ?

SARAH      Non.

LINDA      J’ai dépassé mon potentiel…

SARAH      Heu ?

LINDA      Il existe un potentiel solaire… d’exposition solaire .

SARAH      Oui, c’est ce que dit le docteur. Paraît même que j’ai usé le mien jusqu’à la couenne. L’étape suivante s’appelle mélanome ! Et le nœud sur le chapeau ?

LINDA      Et le potentiel tabac, je ne t’en parle même pas ! Son copain s’appelle crachat cancéreux et poumon vert de crasse ! Moi je peux montrer mon cul au soleil puisque j’ai vécu à l’ombre. Mais j’en ai usé un autre.

SARAH      Quel autre ?

LINDA      Tu sais ce que je crois ?

SARAH      Non.

LINDA      Je suis une séductrice. Je veux dire par là que je fonctionne avec les autres en utilisant la séduction. Autrefois cela fonctionnait avec les hommes.

SARAH      Avant, tu étais beaucoup plus jeune et surtout vraiment plus belle. Le nœud…

LINDA      Il n’y a pas que ça ! Il existe un potentiel cul !

SARAH      Un potentiel cul ?

LINDA      Un truc du genre tu seras punie par où tu as pêchée !

SARAH      Tu plaisantes ?

LINDA      Je n’ai jamais été aussi sérieuse. Moi, telle que tu me vois là, j’ai dépassé mon quota.

SARAH      Ton quota ?

LINDA      Mon quota d’hommes… C’est foutu. Me reste à vivre la frustration.

SARAH      Ah… Ah, bon mais tu en auras profité, c’est déjà ça! Pense à celles qui comme moi se sont casées à dix sept ans !

LINDA      Pauvres de vous… mais pauvre de moi qui tiens compagnie à nonnette dans son couvent !

SARAH      On est jamais aussi si bien servi que par soi-même. Amen!

LINDA      On passe son enfance et une partie de son adolescence à se débrouiller tout seul alors à l’âge de raison, on se doit de partager sa sexualité !… Une peau contre la tienne et une bouche papillon ivre qu’est-ce que tu en fais ?…

SARAH      Plus grand chose.

LINDA      T’es triste à cause de ton gus.

SARAH      Quelle question ! Évidemment que je suis triste ! Je l’ai quitté sans explication. Il n’aura rien compris mais je ne vais pas me laisser envahir par la mélancolie !

LINDA      Je m’en doute. Depuis que nous nous sommes rencontrées, tu ne t’es jamais laissée envahir par la mélancolie. C’est dans ton caractère.

SARAH      Il s’est fait lâché comme un malpropre. Il l’aura très mal vécu.

LINDA      Il n’aura pas eu le temps le malheureux !

SARAH      Tu crois ?

LINDA      J’en suis sûre.

SARAH      Il m’aimait vraiment. Il m’aimait d’amour, tu comprends ?

LINDA      On aime de quoi d’habitude ?

SARAH      Il serait allé me décrocher la lune. Prêt à tout me donner…

LINDA      Surtout des baffes et des coups de poing dans le coeur!

SARAH      Il n’aura plus d’avenir.

LINDA, dégoûtée      Non. A moins qu’il ressuscite sous la forme d’un blaireau…

SARAH      Il ne viendra pas ici, hein ?

LINDA      Non. Il ne viendra pas.

SARAH      C’est bien le nœud sur le chapeau ?

LINDA      Parfait.

SARAH      Vraiment ?

LINDA      Ne me reste que de l’ouvanir.

SARAH      De l’ouvanir ?

LINDA      Des souvenirs pour occuper l’avenir. Des ouvanirs, si tu préfères. Cette nuit, j’ai rêvé d’un homme jeune et beau. Nous nous aimions mais il ne supportait pas que je le touche. Je le dégoûtais. Ne me restent que mes ouvanirs…

SARAH      Tu es triste ?

LINDA      Je ne sais qu’en penser.

SARAH      Il était beau, tu sais. Si tu savais comme il était beau !

LINDA      Mais il est mort…

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